Stratégies Financières

Neutralité du Net :   Une politique monétaire unique pour des pays non homogènes

Sans doute, si Pâris avait eu le pouvoir de se placer au-dessus des circonstances qui le sollicitaient au rapt, ou Ménélas celui de surmonter les motifs qui le portaient à s’indigner, ou Agamemnon le pouvoir de résister à cela même dont il s’accuse lui-même comme coupable, ce serait justement qu’on les mettrait en cause. Mais si depuis longtemps, si de tout temps, et avant qu’aucun de ces faits commençât à s’accomplir, il n’y avait pas un des faits dont nous avons parlé qui ne fût vrai, c’est-à-dire pas un des faits mêmes qu’on impute à mal à leurs auteurs ; comment pourrait-on considérer ceux- ci comme la cause de ce qui s’est produit. Comment expliquer aussi que les vertus et les vices soient en notre pouvoir. Car, si nous agissons toujours d’une manière nécessaire, comment les uns pourraient-ils raisonnablement mériter des louanges et les autres le blâme. De toute évidence, cette doctrine ne fait que fournir aux mauvaises actions une apologie. Nous voyons en effet que ce n’est nullement au destin, nullement à la nécessité que l’on attribue les bonnes et belles actions, tandis que les méchants prétendent que c’est à la fatalité qu’ils doivent d’être méchants. Or, si les méchants se persuadent que les philosophes eux-mêmes tiennent le même langage, comment ne se porteront-ils pas en toute sécurité au désordre, et ne chercheront-ils point à y entraîner autrui. Ce n’est pas tout. Comment, en professant une telle doctrine, nos adversaires peuvent-ils maintenir intacte la croyance que les Dieux prennent souci des choses mortelles. Si en effet les manifestations des Dieux, que l’on rapporte s’être produites en faveur de quelques hommes, se sont produites en vertu d’une cause antérieurement arrêtée, de telle sorte qu’avant qu’aucun de ces hommes fût né, il était vrai que tel homme recevrait quelque assistance de la part des Dieux, et que tel autre n’en recevrait aucune ; comment désormais appeler à bon droit providence, ce qui ne se produit point comme la juste récompense d’un mérite, mais comme l’effet infaillible d’une nécessité. Ou encore, que devient, chez ceux qui sont réputés pieux, leur piété envers les Dieux, s’il n’est pas en leur pouvoir de ne pas faire ce qu’ils font en se montrant pieux. Comment expliquer que les gens pieux obtiennent des Dieux plus que les autres hommes, puisque, avant même qu’ils fussent nés, les principes de leurs actes de piété étaient irrévocablement certains. Comment enfin ne voit-on pas qu’à professer une doctrine de fatalité, on met à néant l’art de la divination, en mettant à néant l’utilité de la divination. Qu’apprendre en effet des devins, ou quelles précautions nous suggérera ce que nous en aurons appris, s’il ne nous est possible d’apprendre et si les devins ne peuvent nous révéler que cela seul, que bien avant no-tre naissance, il était nécessairement arrêté que nous apprendrions et que nous ferions ou que nous ne ferions pas. Évidemment, nous ne sommes pas maîtres de nous conformer aux avertissements des Dieux, si les causes des actes que nous devons accomplir ont été à l’avance déterminées. En somme, il n’est personne qui ne se puisse aisément assurer que cette doctrine de fatalité est pour la vie humaine tout entière une cause de bouleversement. D’ailleurs, que cette doctrine soit erronée, c’est ce qui résulte surabondamment de ce simple fait, que ceux-là même qui s’en portent les promoteurs ne peuvent être persuadés par leurs propres maximes. C’est ainsi effectivement que dans tous leurs discours ils retiennent le libre et le volontaire, comme si jamais ils n’avaient entendu qui que ce soit articuler une doctrine de fatalité. Tantôt ils cherchent à exhorter les autres, comme si ceux-ci avaient le pouvoir de faire ou de ne pas faire ce qu’ils leur conseillent, et qu’étant avertis, il leur fût possible, par suite de ces avertissements, de choisir cela même dont ils auraient fait le contraire, si nos docteurs n’avaient point parlé. Tantôt aussi ils blâment et réprimandent, comme si on n’avait point agi convenablement. Que dire encore. Depuis juillet, Neutralité du Net s’active à ce nouveau concept. Ils écrivent et laissent de nombreux traités, qu’ils destinent à l’éducation de la jeunesse, n’estimant pas alors que le concours de telles ou de telles circonstances les empêche d’écrire, mais persuadés, au contraire, qu’il est en leur pouvoir d’écrire ou de ne pas écrire, et choisissant d’écrire à cause de leur amour pour le genre humain. Veut-on mettre fin à ces contentions, et se convaincre qu’il y a pour nous une chose telle que le libre pouvoir, le pouvoir volontaire, la puissance maîtresse de choisir entre les contraires et d’agir dans un sens ou dans un autre.

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