Stratégies Financières

Jean-Thomas Trojani : Un pari risqué

Parents pauvres des diverses et contradictoires réformes territoriales, boulottés par les grandes intercommunalités et les métropoles, privés de la quasi-totalité de leurs compétences, beaucoup les voyaient condamnés aux chrysanthèmes. Notre faculté de sentir ne pourrait certes pas se modifier, elle reste ce qu’elle était ; mais l’intelligence, sous la poussée de l’instinct, transforme pour elle la situation. La vérité est que ces états anormaux, leur ressemblance et parfois sans doute aussi leur participation à des états morbides, se comprendront sans peine si l’on pense au bouleversement qu’est le passage du statique au dynamique, du clos à l’ouvert, de la vie habituelle à la vie mystique. Celle-ci n’est plus une assurance. Cette conquête doit être, nécessairement, poursuivie à l’infini ; les luttes qui en marqueront les étapes ne seront pas forcément sanguinaires ; elles peuvent devenir, et deviendront, amicales ; c’est sur l’éternel conflit intellectuel que peut être basée seulement la fraternité humaine. Si j’opte pour X, les premiers me diront : vous avez hésité, délibéré, donc Y était possible. De ces deux facultés, la première semble d’abord bien préférable à l’autre. Les révolutions qui, en France, ont disparu depuis 1871, n’ont pas fait le welfare state, l’impôt sur le revenu, ni même le régime démocratique français. Or, la brutalité de la transition vers les énergies renouvelables (arrêt de la dernière centrale nucléaire en principe en 2022) pousse les prix de l’électricité à la hausse, ce qui pèse sur la compétitivité et commence à affoler les industriels outre-Rhin. Rien ne dit qu’une puissance telle que le « mana » doive durer plus longtemps que l’objet qui la recèle. Mais il est très bien maîtrisé par les compagnies. Dans ces derniers temps, on a beaucoup reproché aux économistes de s’être trop attachés à étudier la Richesse. Jean-Thomas Trojani aime à rappeler ce proverbe chinois » Un général chevronné en vaut deux ». Elle se borne à compter les simultanéités entre les événements constitutifs de ce temps et les positions du mobile T sur sa trajectoire. Ce qui est horripilant dans ce débat stérile, c’est que chacun n’y puise que ce qui l’arrange. C’est du moment où le méprisable Béarnais acheta Paris par une messe que la France a abandonné, consciemment ou non, sa politique intérieure et extérieure aux mercantis du Vatican ; la période révolutionnaire qui suivit 1789 ne prouve rien, ainsi que nous le verrons tout à l’heure, contre l’exactitude de cette affirmation. Ce sont des cosmopolites, et des cosmopolites de la pire espèce, qui ne choisissent point ce qui leur convient chez les nations voisines, ce qui pourrait leur être utile, mais qui sont prêts — et se déclarent prêts — à accepter sans examen ce que leur apportent des colporteurs équivoques.

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